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Paroles de spectateurs

14 juin 2016 - Pensée d’artiste

SAMEDI SOIR AVANT LE DEBUT DE LA REPRESENTATION

Tout est prêt pour accueillir l’art. Une petite table pour écrire. Des toiles face contre terre, des pinceaux, des couleurs venues d’ailleurs. La musique emmène déjà.

J’aime l’accueil et la délicatesse du lieu. C’est ainsi que tout devient simple, bon à vivre, dans la dimension artistique du monde.

On n’attend plus que la danse. Tout l’honore: les musiciens, les spectateurs bien concentrés. On l’attend comme un mystère. Je la devine derrière en coulisses. Elle se prépare comme un corps bien huilé pour ne point se blesser, en douceur et concentration. On se prend à imaginer des contrées insolites, lointaines, hommage à la rencontre.

 

Silence religieux. La caméra se place.

Laisser libre son esprit.

 

PENDANT LE SPECTACLE

Bruissement étrange des formes- qui se couchent.

Présence d’un cœur qui bat.

 

Tirer un fil vers le haut. Chercher l’autre. S’y heurter. Chercher ensemble mais dans sa propre direction. On est seul à chercher tout en s’appuyant sur l’autre.

 

Expérimenter l’escalade, s’en sortir. Mais invariablement on revient au centre, au connu, là où tout se déroule et où on peut l’exprimer.

 

L’extérieur est risque mais aussi exploration d’un autre espace.

 

Peindre les contours d’une forme humaine et la laisser être autour ou dedans. La délimitation au sol n’est pas une entrave. On peut s’y élancer.

 

On peut danser et peindre en même temps. Il suffit juste de tremper ses mains et ses pieds dans la peinture. La danse devient alors toile. Le mouvement continue la toile, la recrée. Expérience dans l’instant du pinceau.

C’est un jeu: les danseurs deviennent des enfants.

 

Toute création n’est-elle pas en lien avec l’enfance, ce qu’il en reste, ce qui amuse ?

 

Les toiles referment l’espace. Elles protègent les ombres des danseurs… Une maison en toile. Un musicien est à l’intérieur. A l’extérieur, on a peint sa silhouette. C’est la maison  » du musicien ». Pas besoin de numéro. Une esquisse suffit.

 

Peinture-matière. La prendre dans ses mains et créer sa toile. Les lumières créeront l’effet suivant l’intensité, la direction.

 

Créer, ne pas craindre de s’en mettre plein les mains. C’est cela la matière d’enfance.

 

TEXTE DU LENDEMAIN

L’ art dérange le train-train, les routines, les vies que l’on aimerait tracer soi-même. En fait, ce sont les pinceaux qui éclairent le chemin et explosent en taches de couleurs sur nos tracés bien pensés. Les pinceaux nous mènent Nos pieds les fuient puis les recherchent. Ils nous font sentir la matière. C’est rassurant car d’habitude on est juste en confrontation avec l’air invisible, impalpable, infini.

 

Le pinceau nous remet en contact avec la vérité de notre chair, dense; il nous fait prendre conscience que l’art est partout en nous dans la profondeur, dans les limites de notre corps, au-delà de notre corporalité et c’est sans doute là que tout commence, dans cet au-delà qui inspire, remue et nous incite à mettre en forme.

Marie Scheffer

NB Merci infiniment d’avoir répondu à cet élan que j’avais d’écrire lors de votre spectacle. J’ai été fascinée par la puissance de votre danse à tous les deux et en rendre ce petit hommage par ces quelques mots me remplit de joie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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